espèces envahissantes

Mercredi 8 août 2007
Sur l'Indre ou ses affluents, au moins quatre espèces d’écrevisses ont été observées :
  

-           On retrouve principalement l'écrevisse américaine (Orconectes limosus). Introduite en France il y a plus de 100 ans, elle est aujourd’hui, devenue très courante sur l’Indre et sur l’Echandon . Elle peut mesurer jusqu’à 10 cm. Cette espèce peu exigeante quant à la qualité de l'eau, est capable de supporter les pollutions organiques dans son milieu naturel (grands cours d'eau, étangs, lacs...). Elle est assez agressive envers les petits poissons (vairons, épinoches, etc.) qu'elle peut dévorer. Les femelles pondent leurs œufs en avril-mai. Chacune d’elles peut porter jusqu'à 450 œufs durant environ 5 semaines. Le développement des larves très rapide, dépend de la température de l’eau. Son optimum thermique se situant vers 20°C. 

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-          L'écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii), est une écrevisse rouge qui peut mesurer plus de 15 cm. Originaire du sud-est des Etats Unis, elle a été importée en France en 1976 et depuis ses effectifs ne cessent de progresser. Aujourd’hui, on peut la retrouver dans plus de 60 départements. Cette espèce a pu être observée sur l’Indre au niveau de Courcay et sur l’Echandon au niveau du plan d’eau communal de Manthelan. Très prolifique elle peut entraîner de profonds déséquilibres biologiques (voir remarque ci-dessous). Par ailleurs, elle est capable de creuser des terriers jusqu'à 1,5 à 2 m de profondeur.
 

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-          L’écrevisse à pattes grêles (Astacus leptodactylus). Originaire de Turquie, elle peut mesurer jusqu’à 20 cm pour les males et 16 cm pour les femelles. Elle a de très longues pattes fines et une coloration brune à jaunâtre. En Indre et Loire sa pêche est interdite.
  
astacus-leptodactylus.jpg
-           L’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est l’écrevisse de nos « contrées ». Elle peut mesurer jusqu’à 12 cm. Très courante au moyen âge, elle est aujourd’hui gravement menacée de disparition. Plusieurs origines peuvent expliquer cette menace : une détérioration de la qualité de l’eau, une modification de son habitat et la propagation d’espèces « exotiques » (écrevisses américaines, de louisiane, à pattes grêles etc…). Elle fait l’objet de nombreuses mesures de protection réglementaire. En Indre et Loire sa pêche est strictement interdite. Une petite population tente encore de subsister sur le ruisseau du Quincampoix, affluent de l’Echandon.
  
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Remarque :
 
L’écrevisse américaine et l’écrevisse de Louisiane sont deux espèces au pouvoir de colonisation très important. L’introduction de telles espèces dans le milieu naturel constitue un réel danger pour notre écrevisse indigène (l’écrevisse à pattes blanches). En effet, ces écrevisses américaines peuvent être des porteuses saines d’un champignon l'Aphanomyces astaci, qui peut provoquer la mort de notre écrevisse autochtone.Aussi par soucis de préservation de notre espèce indigène, les écrevisses américaines et celles de Lousiane sont déclarées nuisibles. A ce titre, il est donc strictement interdit de les introduire dans les eaux libres, de les transporter à l’état vivant et de les commercialiser sans autorisation préfectorale. Et pour limiter leurs propagations, le seul moyen écologique est la capture. La pêche de ces écrevisses est donc autorisée partout, en toutes saisons sans limitation de taille ou de quantité; toutefois, il faut être muni de la carte de pêche.
Par David Laurendeau
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Vendredi 20 juillet 2007

Originaire d'Amérique du Sud méridionale, le ragondin peut mesurer 68 cm à 1 m, pour un poids compris entre 4 à 10 kg. Sa tête est large et son corps trapu. Les incisives sont orangées et sa queue est cylindrique. Ses pieds postérieurs sont palmés.

famille-de-ragondin-bis.JPG

Le rat musqué, lui est originaire d'amérique du Nord. Il peut mesurer 46 à 67 cm, pour un poids compris entre 0,6 et 2 kg. Hormis sa taille et son poids, il se distingue du ragondin par sa queue aplatie verticalement et par l'absence de pattes palmés 

rat-musqu--.jpg

Ses deux espèces allochtones sans prédateurs, prolifèrent sur nos rivières. Elles sont classées nuisibles pour plusieurs raisons :

- En creusant des terriers, elles occasionnent des dégâts importants sur les berges des rivières et des étangs (effondrement des berges et destructuration des digues).

- En s'alimentant, elles occasionnent des dégâts sur les cultures riveraines (maïs, blé, écorçage sur peupliers etc...).

- Ces deux espèces peuvent être des porteurs sains de bactéries appelés "leptospire", qui engendre chez l'homme une maladie grave et parfois mortelle : la LEPTOSPIROSE. Plusieurs centaines de cas sont observés chaque année en France. On la contracte en général lors d'une activité en relation avec l'eau douce (baignade, pêche, canoë Kayak etc...) ou avec des animaux contaminés. Les signes de la maladie apparaissent 1 à 2 semaines après la contamination. Il s'agit d'une fièvre élevée (en général > 39°), d'apparition brutale. Elle est généralement accompagnée de douleurs musculaires, articulaires, abdominales et de fort maux de tête. La maladie peut s'aggraver 4 à 5 jours après les premiers signes et s'étendre aux méninges, au foie, aux reins, aux poumons...En cas de signes apparent, il est indispensable de consulter rapidement un médecin et de lui signaler l'activité à risque pratiquée (un traitement existe, mais il sera d'autant plus efficace, s'il est pris tôt). Néanmoins pour éviter ou limiter les risques de contamination, plusieurs mesures de prévention peuvent être prises : porter des équipement de protection contre l'eau et les urines d'animaux (gants, bottes, lunettes anti-projections)

- Elles perturbent l'équilibre écologique en faisant concurrence à nos espèces locales. Le rat musqué par exemple, empiète sur la niche écologique du campagnol amphibie, dont les effectifs régressent chaque année.

campagnol-amphibie-copie-1.jpg

Attention à ne pas me confondre, je suis un campagnol amphibie autochtone !!!

Bref, en raison de leur nuisibilité reconnue, chaque année un arrêté préfectoral autorise la destruction des ragondins et des rats musqués.

Le Syndicat d'Aménagement de la Vallée de l'Indre participe à une campagne de lutte départementale contre ces deux espèces. Cette lutte est réalisée à l'aide de cage pièges, de manière à préserver le milieu aquatique et sa faune.  Cette technique est sélective car elle permet de piéger l'animal vivant. Ces cages pièges peuvent être mises à disposition des piégeurs bénévoles dans chacune des communes adhérentes au Syndicat. Pour connaître les modalités de prêt de ces cages pièges, vous pouvez contacter notre technicien de rivière à la mairie de Montbazon ou par téléphone au 02 47 34 84 18 ou au 06 83 10 09 06.
 


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Jeudi 19 juillet 2007

Originaire d'amérique du Sud, cette plante a été introduite en France au 19ème siècle à des fins ornementales. Aujourd'hui, la Jussie présente un comportement envahissant à l'échelle de nombreuses régions françaises.

Il existe deux espèces envahissantes: Jussie peploïdes (Ludwiga peploïdes) et Jussie à grandes fleurs (Ludwiga uruguayensis).

Plante aquatique enracinée aux feuilles alternes et aux fleurs jaunes de 2 à 5 cm de diamètre se développant à l'aisselle des feuilles. Floraison de juin à septembre. 

Elle se développe rapidement dans les eaux stagnantes ou à faible courant. Les secteurs bien éclairés favorisent sa croissance et son épanouissement. 

Jussie--gros-plan-.JPG

Elle peut se développer jusqu'à 3 m de profondeur et se dresser jusqu'à 80 cm au dessus de l'eau. 

La reproduction par bouturage est son principal mécanisme de propagation. Le moindre fragment donnera naissance à un nouvel herbier (tapis végétal).

Leurs herbiers très denses obstruent les cours d'eau, et peuvent limiter ou rendre impossible la pratique de certaines activités (pêche de loisir ou professionnelle, navigation, chasse au gibier d'eau). 

 
Prairie de la Cognée à Esvres sur Indre -2006

Par sa rapide implantation, elle supplante les autres espèces végétales aquatiques et semi-aquatiques les faisant disparaître en quelques mois ! Elle peut nuire à la biologie de certains poissons en les privant entre autre de nourriture et de supports de ponte.

Elle accélère le processus de comblement du milieu par accumulation de matières organiques. En se décomposant, les herbiers consomment de grandes quantités d'oxygène, ce qui peut compromettre la survie de certaines espèces. 

Différentes techniques de lutte contre cette espèce ont été expérimentées : 
- le traitement chimique. Malheureusement, les substances même homologuées peuvent engendrer un fort impact sur le milieu aquatique. 

- le faucardage. Cette technique de lutte est à proscrire, car les risques de dispersion de boutures sont importants.

-  l'arrachage mécanique : cette technique bien qu'efficace a l'inconvénient d'être peu sélective.

- l'arrachage manuel est le moyen le plus efficace. L'intervention peut néanmoins se révéler laborieuse en fonction de l'étendue de la station, c'est pourquoi il est recommandé d'intervenir le plus tôt possible. 

Pour imiter la propagation de cette espèce il est également nécessaire de se fixer quelques règles de " bonnes conduites" :
- en cas d'invasion sur un étang, posez des filets à la bonde lors de la vidange.
- évitez de manipuler cette plante lors de vos promenades (cueillette)
- Si vous en avez chez vous, surtout ne les jetez pas dans la nature, mettez-les dans un sac hermétique et évacuez les en déchetterie.

Pour terminer, il est important de rappeler que la vente, le transport et la commercialisation de cette plante sont formellement interdis. 

Si vous avez repéré une station sur l'Indre ou ses affluents, vous pouvez faire remonter l'information auprès du technicien de rivière du SAVI.


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