Sur l'Indre ou ses affluents, au moins quatre espèces d’écrevisses ont été observées :
- On retrouve
principalement l'écrevisse américaine (Orconectes limosus). Introduite en France il y a plus de 100 ans, elle est aujourd’hui, devenue très courante sur l’Indre et sur l’Echandon . Elle
peut mesurer jusqu’à 10 cm. Cette espèce peu exigeante quant à la qualité de l'eau, est capable de supporter les pollutions organiques dans son milieu naturel (grands cours d'eau, étangs,
lacs...). Elle est assez agressive envers les petits poissons (vairons, épinoches, etc.) qu'elle peut dévorer. Les femelles pondent leurs œufs en avril-mai. Chacune d’elles peut porter
jusqu'à 450 œufs durant environ 5 semaines. Le développement des larves très rapide, dépend de la température de l’eau. Son optimum thermique se situant vers 20°C.
- L'écrevisse de
Louisiane (Procambarus clarkii), est une écrevisse rouge qui peut mesurer plus de 15 cm. Originaire du sud-est des Etats Unis, elle a été importée en
France en 1976 et depuis ses effectifs ne cessent de progresser. Aujourd’hui, on peut la retrouver dans plus de 60 départements. Cette espèce a pu être observée sur l’Indre
au niveau de Courcay et sur l’Echandon au niveau du plan d’eau communal de Manthelan. Très prolifique elle peut entraîner de profonds déséquilibres biologiques (voir
remarque ci-dessous). Par ailleurs, elle est capable de creuser des terriers jusqu'à 1,5 à 2 m de profondeur.
- L’écrevisse à pattes grêles (Astacus
leptodactylus). Originaire de Turquie, elle peut mesurer jusqu’à 20 cm pour les males et 16 cm pour les femelles. Elle a de
très longues pattes fines et une coloration brune à jaunâtre. En Indre et Loire sa pêche est interdite.
-
L’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est l’écrevisse de nos
« contrées ». Elle peut mesurer jusqu’à 12 cm. Très courante au moyen âge, elle est aujourd’hui gravement menacée de disparition. Plusieurs origines peuvent expliquer cette
menace : une détérioration de la qualité de l’eau, une modification de son habitat et la propagation d’espèces « exotiques » (écrevisses américaines, de
louisiane, à pattes grêles etc…). Elle fait l’objet de nombreuses mesures de protection réglementaire. En Indre
et Loire sa pêche est strictement interdite. Une petite population tente encore de subsister sur le ruisseau du Quincampoix, affluent de l’Echandon.
Remarque :
L’écrevisse américaine et l’écrevisse de Louisiane sont deux espèces au pouvoir de colonisation très important. L’introduction de
telles espèces dans le milieu naturel constitue un réel danger pour notre écrevisse indigène (l’écrevisse à pattes blanches). En effet, ces écrevisses américaines peuvent être des porteuses
saines d’un champignon l'Aphanomyces astaci, qui peut provoquer la mort de notre écrevisse autochtone.Aussi par soucis de préservation de notre espèce indigène, les écrevisses
américaines et celles de Lousiane sont déclarées nuisibles. A ce titre, il est donc strictement interdit de les introduire dans les eaux libres, de les transporter à l’état vivant et de
les commercialiser sans autorisation préfectorale. Et pour limiter leurs propagations, le seul moyen écologique est la capture. La pêche de ces écrevisses est donc autorisée partout, en
toutes saisons sans limitation de taille ou de quantité; toutefois, il faut être muni de la carte de pêche.